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 Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant?

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lrq3000
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MessageSujet: Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant?   Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant? EmptySam 29 Juin 2019 - 12:23

Avant-propos: ceci est un miroir de mon post sur apdcanaris, et couvre à la fois les canaris et les perruches. Je tiens à le poster sur perruche.org en signe de remerciement pour tous les judicieux conseils que j'y ai trouvé dans le passé, en particulier les excellents articles de Martine (merci infiniment!). J'espère que cela pourra être utile à la communauté, et éviter les décès inattendus et incompréhensibles, comme cela m'est souvent arrivé...

Que faire en cas de bréchet saillant? Qu'est-ce qu'une maladie digestive?
(obésité, foie gras, mégabactériose, proventriculite, trichomonose parasitaire)

Le bréchet saillant est une urgence absolue: votre oiseau peut mourir en 1 jour sans réhydratation et nourrissage adapté. Il faut consulter d'urgence un vétérinaire, en mentionnant la possibilité de foie gras ou de mégabactériose.

Cet article n'est pas écrit par un vétérinaire et il ne vise pas à remplacer les instructions de vétérinaires aviaires. Il vise à informer sur le bréchet saillant et ses causes les plus courantes pour les oiseaux en captivité. Tout ce qui est écrit ici est une synthèse des références citées plus bas si vous souhaitez approfondir.

Qu'est-ce que le bréchet saillant?

Le bréchet saillant est lorsque le bréchet, l'os au milieu du torse des oiseaux, ressort visiblement (ou au toucher) comparé aux flancs. Visuellement, c'est les niveaux 1 et 2 de l'échelle "pet-size-o-meter birds" de la PFMA:

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Un bréchet saillant signifie qu'un oiseau est sous-alimenté, et probablement sous-déshydraté: il est rachitique. Le bréchet ("breast bone" en anglais) saillant n'est donc pas une maladie, mais un symptome (ou plutôt signe): cela peut être causé par de nombreux facteurs. Malheureusement, le bréchet saillant est la dernière étape d'amaigrissement, au-delà c'est le bleuissement du bec (ou cyanose, par manque d'oxygène) puis la mort. Le bréchet saillant peut arriver en 1 seul jour, car le métabolisme des oiseaux est hyper-rapide, ils ont besoin de fréquemment manger pour maintenir leur poids. Lorsque le bréchet saillant apparait, la mort peut survenir en 1 jour si des mesures ne sont pas prises pour réhydrater et nourrir l'oiseau (par exemple, la réhydratation sous-cutanée et le gavage par Nutribird A21 liquide ou en intraveineuse). Si les mesures adéquates sont prises, l'oiseau peut survivre quelques jours voire semaines de plus, ce qui peut laisser le temps de trouver la cause et de la traiter.

Le bréchet saillant est toujours le signe d'un problème digestif (c'est-à-dire que l'oiseau n'arrive plus à s'alimenter/hydrater correctement), même si la cause peut être autre (par exemple: neurologique).

Il est donc essentiel de consulter un vétérinaire aviaire dès la constatation d'un bréchet saillant, pour au moins réhydrater et nourrir l'oiseau.

Pour vérifier si votre oiseau a un bréchet saillant, suivez les instructions du "pet-size-o-meter" de la PFMA: https://www.pfma.org.uk/_assets/docs/pet-size-o-meter/pet-size-o-meter-birds.pdf

Les causes communes

Le bréchet saillant est donc un symptôme, avec de multiples causes possibles. Celles-ci peuvent être catégorisées selon le type: métabolique (foie gras, alimentation, atteinte hépatique, goitre/carence iode), virale (proventicular dilatation disease), bactérienne, fongique (levure gastrique aviaire), parasitaire (trichomonose) et l'intoxication alimentaire. Néanmoins les trois plus communes sont l'obésité et le goitre (métabolique, causant un foie gras), la mégabactériose/proventriculite (virale ou fongique), et plus rarement la trichomonose (parasitaire). L'obésité est causée par une accumulation de sucres dûe à la sur-alimentation et le manque d'exercice ou à une carence des agents de synthèse (comme l'iode menant au goitre), un mal courant chez les oiseaux domestiques et en particulier chez les perruches (mais pas uniquement), tandis que la mégabactériose est une maladie transmissible principalement par le contact avec les fientes. Plus rarement chez les passereaux mais plus fréquemment chez les psittacidés, la proventriculite, acquise par contact sanguin, peut aussi causer le bréchet saillant.

En résumé: si vous êtes un passionné d'oiseaux et que vous n'en avez pas beaucoup et qu'il est rare que vous en ajoutiez un, c'est probablement le foie gras/l'obésité. Si vous êtes plutôt un éleveur avec pleins d'oiseaux, c'est probablement la levure gastrique aviaire (ex-mégabactériose), le bornavirus aviaire (surtout si vous avez des perroquets), ou la trichomonose parasitaire. Après, l'un n'exclut pas l'autre. Voir ci-dessous pour plus d'infos sur chaque pathologie.

Dans ces trois cas, il y a des similitudes, car ce sont toutes des maladies digestives: elles sont toutes au long cours (leur évolution se fait sur des années sans qu'aucun symptôme n'apparaisse). Avec le temps, les problèmes internes s'accumulent sans aucun signe apparent, jusqu'au jour où apparaissent les symptômes d'une crise: c'est la phase aigue. C'est le moment où apparait le bréchet saillant, souvent dans un temps très court (l'oiseau peut maigrir autant en 1 à 7 jours).

Symptômes d'une maladie digestive: Dans les deux cas, on note une surcroissance du proventricule voire du gésier. L'oiseau cesse de chanter, se déplace moins, peut être apathique (en boule, moins réactif), avoir de la diarrhée ou constipation, régurgite (on le voit quand l'oiseau étire le cou frénétiquement plusieurs fois, de temps en temps sans aucune raison, c'est l'équivalent humain du vomissement), et surtout perte de poids. Il y aura aussi dans tous les cas un changement dans les fientes, mais celui-ci diffère selon la maladie. En pratique, on isolera l'oiseau malade dans une cage à part et on lui changera la litière chaque jour pour pouvoir observer l'apparence et le nombre de fientes, en veillant à mettre en fond de cage du film plastique (qui n'absorbe pas). Les fientes sont en général le meilleur moyen de diagnostiquer la cause d'une maladie digestive. On peut se référer à cet excellent guide de Martine: http://www.perruche.org/t31840-les-fientes

Dans tous les cas, même si la cause est différente, puisque ce sont des maladies digestives, il est conseillé d'adapter la nourriture par une nourriture plus facilement digestive (moins de graines grasses), de diminuer la ration, et de complémenter avec de la Choline et des vitamines et acides aminés pour éviter les déficiences voire donner des probiotiques et du vinaigre de pomme/cidre à 5% pour maintenir une bonne flore intestinale. En effet, la flore intestinale, que ce soit chez l'homme ou les animaux, a un impact sur l'ensemble du corps: une maladie peut causer un déséquilibre (dysbiosis) de la flore intestinale, et un déséquilibre de cette flore peut causer des maladies (obésité, problème de foie, etc).

Parasites: la Trichomonose
La trichomonose est la maladie la plus fréquence chez le pigeon. C'est un parasite qui s'installe dans le tube digestif. C'est un protozoaire, un organisme vivant unicellulaire.

La trichomonose provoque tous les symptômes d'une maladie digestive, mais peut en plus provoquer des symptômes de grattage (typique d'une affection avec parasites), oculaires (oeil irrité, avec les plumes autour de l'oeil aplaties, voire perte de vision) et respiratoire (mucus dans les narines et sinusite et toux/éternuements).

Sans traitement, l'oiseau meure de faim (occlusion de l'oesophage par le parasite) ou par suffocation (blocage de la trachée).

Le traitement se fait par Ivermectin. L'ivermectin est une molécule qui cible tous les organismes unicellulaires mais pas les organismes multi-cellulaires et est donc très peu nocif pour les oiseaux, à raison d'une goutte d'Ivermectin 0.1% en forme "spot-on" sur la peau dans le cou (à même la peau, il faut dégager les plumes, on peut utiliser un coton humide pour agglomérer les plumes et les dégager plus facilement - ne pas donner dans le bec si c'est du spot-on!) une fois par semaine pendant quatre semaine (le traitement est répété pour tuer les larves). Alternativement, il y a aussi le ronidazole, dimétridazole, métronidazole, carnidazole, mais la trichomonose est souvent résistance à ces molécules (il faut éviter de les utiliser en prévention!).

Proventriculite, mégabactériose/levure et bornavirus aviaire

Clarifions tout d'abord les différentes appellations qui sont souvent confondues:
* Proventriculite: c'est un symptôme, quand on observe dilatation/irritation/expansion du proventricule (par exemple avec une radio).
* PDD ou Proventricular Dilatation Disease: une maladie qui cause le symptôme de proventriculite, probablement à cause d'un virus (le bonavirus aviaire).
* Mégabactériose: contrairement à son nom, c'est une levure (et pas une bactérie), qui cause aussi une proventriculite.

Vous l'avez compris, ce qu'on nomme couramment "proventriculite" est simplement la dilatation du proventricule, ce qui peut arriver avec plusieurs (toutes?) maladies digestives. De plus, ce qu'on nomme couramment la "proventriculite" des oiseaux désigne en fait deux maladies différentes. Dans cette section, nous parlerons des maladies à pathogène externe, notamment un virus et un champignon (levure), qui peuvent causer une proventriculite.

Virus: La maladie de la dilatation du proventricule (MDP) ou « Proventricular Dilatation Disease » (PDD) ou bornavirus aviaire
La PDD était une maladie connue depuis 1970 mais dont on ne connaissait rien jusqu'à 2011, date à laquelle un virus, le bornavirus aviaire, a été trouvé par deux équipes scientifiques en même temps. C'est une maladie observée sur de très nombreuses espèces de psittacidés (perroquets et perruches sauf perruches ondulées), les toucans, des rapaces et des oiseaux d'eau comme les grues et oies, mais rarement sur les canaris.

Le PDD ou bornavirus aviaire est donc une maladie rare chez le canaris et les perruches ondulées.

Le PDD cause des problèmes neurologiques et digestifs, empêchant progressivement l'oiseau de digérer sa nourriture. Il peut y avoir des pertes d'équilibre (chute du perchoir), une incoordination, des mouvements anormaux de tête, des convulsions et une perte de vue. Les symptômes neurologiques apparaissent au bout de quelques mois (environ 1 à 2 mois) pour les adultes, 2 à 4 semaines pour les jeunes oiseaux, 24h pour les très jeunes (agés de 5 semaines). Les adultes meurent au bout de quelques mois (3 à 4 mois) et les très jeunes (agés de 5 semaines) en 3 jours car refusant de s'alimenter. Les psittaciformes (perruches) présentent en général des symptômes plus graves que les passériformes (canaris). Le stress et l'alimentation jouent aussi un rôle (en plus de l'âge et de l'environnement, et chaque individu réagit différemment).

Le bornavirus aviaire, qui cause cette maladie, est similaire au bornavirus mammalien. Beaucoup d'oiseaux sont porteurs "sains", c'est-à-dire qu'ils ont le virus mais ne développe pas de symptômes ou de problèmes. Ce virus n'attaque pas directement l'organisme, mais s'installe dans les cellules nerveuses, ce qui produite une réaction immunitaire inflammatoire qui détruit le système nerveaux dont le cerveau, d'où les symptômes neurologiques. C'est une maladie contagieuse, la transmission entre oiseaux est bien étudiée, voir Gottis page 77 figure 33. Il a longtemps été suggéré que la transmission était oro-fécale (contact du bec avec les fientes), mais ce n'est pas le cas, la transmission est très mauvaise. Idem pour le contact entre muqueuses. Par contre, la transmission par injection, blessures et morsures est très efficace, tout comme la transmission verticale (des parents à l'enfant): il semble que ce soit une maladie transmissible par le sang. La transmission nécessite donc un contact étroit (attaque avec blessure, nourrissage par les parents, signes d'affection) ou le contact avec des objets contenant du sang infecté (par exemple: une coquille d'oeuf infectées après éclosion).

Gottis montre aussi clairement qu'il faut dissocier le bornavirus aviaire de la PDD, mais que le bornavirus cause bien la PDD. Il y a d'ailleurs deux souches de bornavirus aviaire: ABV-1, ABV-2, ABV-3 et ABV-4. Les canaris ont leurs propres souches: ABV-C1, ABV-C2 et ABV-C3. Néanmoins, les virus mutent souvent (c'est le problème avec les virus comparés aux bactéries), et il peut se développer d'autres souches à l'avenir.

Les primates sont infectés depuis plus de 40 millions d'années par le bornavirus, ce n'est donc pas spécifique aux oiseaux, et l'étude de ce virus intéresse d'ailleurs les scientifiques pour pouvoir potentiellement guérir des pathologies neurologiques chez l'humain.

Diagnostic: test de sérologie pour rechercher les anticorps dans le sang (moins fiable), et PCR pour chercher directement l'ADN du virus (plus fiable, mais ne différencie pas porteur sain et porteur malade). D'autres tests moins chers et plus accessibles comme un Western Blot sur les plumes sont en cours de recherche, et d'autres sont déjà accessibles en France, une liste est détaillée par Gottis (pages 107-108). À noter que les anticorps ne sont produits que 2 semaines après infection et le virus n'est excreté que 10 semaines après, aussi un diagnostic ne peut se faire juste après l'infection.

Traitement: En premier lieu, comme pour les autres maladies digestives, il faut réhydrater l'oiseau et le gaver. Il n'y a pas de traitement reconnu à ce jour, mais plusieurs sont en cours d'essais. En effet, les virus sont extrêmement difficiles à soigner, il n'y a pas ou peu d'"antiviraux" contrairement aux antibiotiques. Mais il en existe, ceux ayant été fait pour la grippe humaine, et ils semblent efficaces contre le bornavirus aviaire: la ribavirine, l'amantadine et les interferons. On peut aussi "traiter" les symptômes, et l'oiseau peut vivre des années ainsi avec un réel soulagement: des anti-inflammatoires non stéroïdiens (donc sans cortisone) pour traiter l'inflammation, problèmes digestifs avec un antispasmodique digestif et une alimentation très digestible et de consistance liquide (comme des extrudés humidifiés ou des bouillies de nourrissage type Nutribird A21), et s'il y a atteinte nerveuse, des médicaments pour la maladie de Parkinson chez l’homme peuvent parfois être utilisés. Gottis présente de nouveaux traitements non listés ici: http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2015lyon019.pdf

Le manipulateur (celui qui donne les traitements) doit bien se laver les mains après chaque manipulation de l'oiseau infecté, pour éviter de contaminer d'autres, et le fond de cage doit être changé chaque jour. En parallèle du traitement, on nettoiera soigneusement l'environnement avec du F10.

Un résumé de toutes les étapes et traitements en pratique est présenté par Gottis page 122: http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2015lyon019.pdf

Fongique: Mégabactériose ou levure gastrique aviaire
La mégabactériose a longtemps restée un mystère. Elle se serait répandue dans le monde vers 1980 à partir des perruches anglaises. Elle a été découverte en 1984 par Van Herk, et a aussi été nommée la maladie du proventricule ou « proventricular ventricular disease ». Mais contrairement au PDD causé par le bornavirus aviaire, on savait que l'amphotérycine B fonctionnait, mais on ne savait pas pourquoi. Récemment, une équipe a pu analyser en détail la maladie, et a mis en évidence que la PDD qui réagissait à l'amphotérycine B est en fait une levure. Ce qui est logique car l'amphotérycine B agit sur les levures.

La mégabactériose est donc non pas une bactérie malgré le nom, mais une levure. Cette maladie a donc été renommée récemment "levure gastrique aviaire" (ou « avian gastric yeast » ou encore le nom scientifique « Macrorhabdus Ornithogaster »).

Ce micro-organisme est courant chez les passereaux (canaris, diamants, pinsons sauvages, tarin des aulnes, chardonneret élégant, verdier d'Europe), perruches ondulées et inséparables, poulets, perdrix et pintade. Elle a été rarement observée chez les autres psittacidés (perroquets, cacatoès), mais il se peut que ce soit par un manque de diagnostique, il est maintenant conseillé de dépister cette maladie systématiquement. Elle a été aussi rapporté dans deux cas de maladies respiratoires chez un chat et un chien, mais il s'avéra plus tard lors de tests sur rats que cette maladie ne peut pas contaminer les mammifères. Ce n'est donc pas une zoonose (ne se transmet pas à l'homme), elle n'affecte que les oiseaux. Voir Goosens Tableau 1 pour une liste détaillée des espèces qui ont été diagnostiquées avec une levure aviaire gastrique.

C'est une maladie mondiale, elle est extrêmement répandue, à cause des oiseaux nomades comme les gallinacées (pigeons) et les colombiformes et autres oiseaux sauvages. Elle a un coût économique très important. Elle touche entre 25% et 70% des canaris et des psittaciformes (perruches). Certains scientifiques pensent qu'elle est même omniprésente dans tous les élevages de perruches ondulées.

Comme pour le bornavirus aviaire, un oiseau peut être porteur sain de la levure gastrique aviaire sans être malade. La levure ne peut par contre vivre plus de 24h à l'air libre, mais cela suffit pour contaminer d'autres oiseaux qui ne sont pas déjà porteurs sains s'ils sont en contact avec les fientes. On pensait avant que la présence de la levure était nécessairement la cause de symptômes et maladies, mais ce n'est pas le cas: on pense maintenant que c'est un agent pathogène opportuniste, qui devient dangereux lorsque l'oiseau est affaiblit par autre chose (âge, stress, autres maladies récurrentes, prédispositions génétiques, perturbations de la flore digestive, carence nutritionnelle et en vitamines, etc). La présence seule de la levure ne veut rien dire (à part qu'il faut faire attention si on met ces oiseaux dans la même cage que d'autres car ils peuvent contaminer), c'est la présence d'une proventriculite qui montre que la maladie commence. Deux expériences ont montré que le stress peut provoquer la levure: en changeant l'alimentation, ou en changeant les rythmes jour/nuit, dans les deux cas cela a drastiquement augmenté le stress et le nombre d'oiseaux avec la levure. La présence de la levure et d'une proventriculite est souvent concomittant avec une autre maladie, et les traitements antibiotiques en préventif peuvent détruire la flore intestinale et favoriser la levure (voir Goosens).

En résumé: tout ce qui stresse un oiseau, ou tout ce qui peut le rendre vulnérable, peut provoquer une prolifération et une aggravation de la levure aviaire gastrique en proventriculite (et tous les symptômes liés comme décrit ci-dessous), car la levure aviaire gastrique est une maladie opportuniste.

Les symptômes sont ceux d'une maladie digestive: pendant longtemps, un oiseau peut ne montrer aucun signe, jusqu'à la phase aigue où des symptômes graves apparaissent (apathie/en boule, régurgitation, constipation/diarrhée, etc), mais les fientes sont noirâtres (ce qui montre du sang digéré), et l'oiseau peut mourir en 1 jour. Peu avant la mort, 1/4 des oiseaux présentent un bleuissement/cyanose du bec (= atteinte circulatoire et respiratoire = pas assez d'oxygène). Il peut aussi y avoir des symptômes nerveux.

Au niveau biologique, le pH du proventricule est très élevé: normalement de 1 à 3, il peut passer à 7. Le germe apparait sensible à l'acidité gastrique, aussi le vinaigre de pomme/cidre peut aider à rétablir cette acidité et le pH normal. Le proventricule est dilaté et inflammé. Des graines non digérées peuvent rester dans le gésier (tout comme pour les autres maladies digestives).

Diagnostic: examen des fientes sur 5 jours, la levure aviaire gastrique devrait se voir très bien au microscope même sans coloration (donc directement chez le vétérinaire pour peu qu'il ait un microscope à disposition, on voit de grands bâtonnets, caractéristiques de cette levure), mais on peut aussi faire une coloration de gram pour faciliter. L'ajout d'une goutte de Lugol sur la lame peut améliorer la visualisation car il est absorbé par Macrorhabdus ornithogaster. Néanmoins, l'absence de levure à l'examen ne signifie pas que l'oiseau ne soit pas atteint, comme la présence de levure de signifie pas que ce soit la cause des symptômes, en effet de nombreux oiseaux sont atteints en étant asymptomatiques, c'est-à-dire qu'ils vivent très bien avec, jusqu'à potentiellement un jour où la flore intestinale se dérègle et la levure se propage et attaque le système immunitaire, puisque c'est une maladie opportuniste.

Traitement: Antifongique en curatif et acidification du pH gastrique en complément:
* Antifongique: L'amphotéricine B (Fungizone ND, un antifongique) sur 30 jours (car des résistances se développent et la maladie n'est pas éradiquée sans un long traitement), ou le fluconazole (Triflucan ND) à dose élevée (5 à 15 mg/Kg per os toutes les 12 heures ou 50 ml par litre d'eau de boisson) pendant un mois minimum mais est toxique. Alternativement, un cas de guérison a été rapporté avec la nystatine (mycostatine). Néanmoins la nystatine peut être combinée à l'amphotéricine B pour les oiseaux très atteints. La dompéridone peut être utilisée, mais peut causer des mort subites par insuffisance cardiaque et est donc déconseillé par la revue Prescrire.org, les risques étant disproportionnés par rapport aux symptômes traités. Le kétoconazole, l'itraconazole et la terbinafine ne fonctionnent pas.
* Acidification du pH gastrique: usage de vinaigre de pomme/cidre 5% dans l'eau de boisson, ou plus précisément 15ml par litre d'eau de boisson à 120ml/L pour les cas les plus sévères. L'acide citrique est même conseillé par certains scientifiques à raison d'une cuillère à café (environ 3g) dans 4.5-6L d'eau de boisson. L'acidification seule n'a pas montré d'efficacité chez les perruches ondulées, mais il n'y a pas d'effet secondaire ni de risque, aussi l'acidification gastrique est conseillée en complément d'un traitement antifongique. Un probiotique comme Océproven peut être utilisé en complément, car cela permettra d'harmoniser la flore intestinale et également d'ajouter de l'acidité en apportant des bactéries telles que les Lactobaciles productrices d'acide lactique.
* Optionnel mais conseillé: comme pour toutes les maladies digestives, l'oiseau peut être en déficience, aussi il peut être utile (voire salvateur!) de complémenter en choline, vitamines et acides aminés.

Note: tout traitement ne pourra être efficace qu'associé à un nettoyage intensif et une désinfection de l'environnement des oiseaux, car la levure se transmet par contact avec les matières fécales (contact oro-fécal). Une grille de séparation de fond de cage peut aussi être utile si les oiseaux ont tendance à fureter en fond de cage.

En préventif, le vinaigre de pomme 5% (ou degrés) peut être utilisé pour assurer le pH/acidité gastrique. Il peut être administré dans l'eau de boisson tout au long de l'année à la cadence d'une à deux fois par semaine à raison d'une cuillère à soupe par litre d'eau. Soit 15ml de vinaigre de pomme par litre d'eau. Certains éleveurs en donnent tous les jours en période d'élevage.

Sous-conclusion
La proventriculite est un symptôme, mais dans les communautés de passionnés d'oiseaux cela désigne en fait deux maladies: le bornavirus aviaire ou la levure gastrique aviaire. Le bornavirus aviaire est un virus donc difficilement soignable mais ne touche que principalement les psittacidés, rarement les canaris/passereaux. La levure gastrique aviaire au contraire est courante chez les canaris/passereaux/psittaciformes dont perruches ondulées mais rare chez les psittacidés, et elle peut être soignée par des médicaments antifongiques avec en complément des réhausseurs d'acidité gastrique (vinaigre de cidre, probiotique comme Océproven).

Métabolique ou carence alimentaire: Obésité et foie gras (ou hépatite) voire goitre
Les oiseaux en captivité ont un énorme risque d'obésité, car ils ont un métabolisme qui accumule les graisses (lipides) pour la survie quand il fait froid: ils mangent plus que ce qu'ils n'ont besoin. Sauf qu'en captivité, ils n'ont pas les problèmes de survie, il fait plus chaud et ils bougent beaucoup moins. Cela entraine une obésité, ou surcharge pondérale, laquelle est souvent liée à une surcharge du foie qui peut dégénérer en hépatite: c'est le foie gras. C'est une affection fréquente chez le canari, comme chez l'humain (80% des humains obèses ont un foie gras, et 20% des non-obèses). D'après certains vétérinaires, elle est souvent confondue avec la proventriculite (puisque les symptômes sont similaires! voir ci-dessous).

Historiquement, le foie a été découvert en même temps et même grâce au foie gras des oiseaux. Extrait de Wikipédia: "« foie » (prononcé [fwa] en français standard) est issu du latin tardif ficatum (« foie gras » d'où, plus généralement, « foie ») formé sur ficus (« figue ») comme calque du grec ancien συκωτόν / sukôtón (« foie gras d'animal nourri de figues », dérivé de συκω (« nourrir de figues »), de σῦκον / sûkon (« figue »)." La légende dit que c'est un chasseur grec qui a découvert que les oies étaient plus délicieuses et grasses pendant la saison des figues, puisqu'elles en mangeaient à foison. C'est donc une affection ancestrale et très courante, qui est liée non pas au gras comme on le croyait, mais au sucre (qui compose les figues!).

Le foie gras, ou stéatose hépatique non-alcoolique, est une maladie qui vient d'être reconnue dans les dernières décennies. Elle est causée principalement par le trop plein de sucre/glucides (le stockage et déstockage de sucre étant la fonction principale du foie), mais aussi par le gras/lipides dans une moindre mesure. L'obésité est un signe externe, niveau 5 sur l'échelle de la PFMA, mais un oiseau mince voire maigre peut quand même avoir un foie gras ("obésité interne"), comme cela arrive chez les humains. Elle est un sous-type du syndrome métabolique, qui est une famille regroupant le foie gras ainsi que le diabète et d'autres maladies de dérèglement métabolique. Toutes ces maladies sont liées à une résistance à l'insuline, qui est causée par un trop plein de sucre chronique (l'insuline est l'hormone qui dit quand il faut stocker du sucre dans le foie, et quand le foie doit en déstocker pour les autres tissus: quand on est résistant à l'insuline, on stocke en permanence quasi tout le sucre qu'on mange).

Au niveau biologique, il est désormais démontré que le foie gras non alcoolique (causé principalement par le sucre) est causé par le sucre qui est métabolisé en partie en alcool: un trop plein de sucre cause un trop plein d'alcool, et cela cause des dommages au foie similaire à la prise d'alcool. En particulier, le fructose est le pire (comme dans les barres de friandises caramélisées pour oiseau). Néanmoins, la cause peut être diverse: l'accumulation peut aussi bien être due à une alimentation trop riche en sucres, qu'à un déséquilibre alimentaire déréglant la synthèse du sucre et donc provoquant l'accumulation de sucres dans le foie (citons le goitre = carence en iode, voir plus bas).

Symptômes: Le foie est le seul organe qui peut s'auto-régénérer, il est extrêmement résistant: aucun signe de problème de foie (insuffisance hépatique) n'apparait, sauf quand le foie est endommagé à au moins 80%! Les symptômes sont alors les mêmes que pour n'importe quelle maladie digestive, car l'oiseau ne peut plus digérer correctement: bien qu'il ait pu être obèse, il arrête de manger et fait moins de fientes (c'est le 1er signe d'une crise de foie), et peut rapidement (en quelques jours!) devenir rachitique (niveau 2 voire 1 PFMA = bréchet saillant...). Néanmoins il y a un symptôme supplémentaire: les fientes sont verte fluo, car colorées par la biliverdine, ce qui signale un problème de foie. Des lipomes (taches jaunes qui sont en fait des poches de gras sur le corps, par exemple sur les flancs) peuvent se former et être visibles. Le bilan sanguin peut être tout à fait normal.

Attention, il est facile de confondre la biliverdine (fientes vertes fluo) avec de simples fientes colorées par l'ingestion de fruits/légumes (notamment le concombre). Aussi, pour bien observer les fientes, il est important de ne laisser l'oiseau seulement manger son alimentation de base (graines ou croquettes selon ses habitudes), et enlever tout le reste pendant une période d'observation d'au moins quelques jours (ex: pas de fruits, légumes, patée, compléments de coloration, etc).

Si le foie gras n'est alors pas traité, l'oiseau peut mourir en un jour, par déshydratation, famine, pancréatite ou trouble cardio-vasculaire (cette dernière étant la cause principale de mort chez les personnes atteinte de foie gras).

Diagnostic: le seul test reconnu est une biopsie du foie, mais cela est impossible sur des oiseaux aussi petits que les canaris. L'alternative courante est la prise sanguine, mais ce n'est pas du tout fiable. D'autres alternatives sont en cours de validation et sont reconnues pour leur efficacité, dont l'élastographie par résonance magnétique (« magnetic resonance elastography ») et l'élastographie par ultrason (FibroScan), mais les machines sont rares. Le seul autre moyen en pratique pour le moment est le diagnostic différentiel: les fientes verte fluo sont un signe très important, et si l'oiseau n'a pas d'autre symptômes à part ceux d'une maladie digestive (exemple: pas de grattage pouvant indiquer des parasites, pas de mucus pouvant indiquer une bactérie ou des parasites, pas de sang dans les selles, etc). Un autre signe est présent sur les radios: un gésier trop gros, voire si gros qu'il a "poussé" les autres organes, mais ce signe n'est pas spécifique au foie gras.

Traitement & Prévention: changement d'alimentation et exercice physique. Il n'y a en effet pas de médicament curatif: il faut simplement arrêter ce qui cause le foie gras (sur-alimentation en glucides et lipides), et le foie va se réparer tout seul. Il faut adapter le mélange de graines pour éviter les graines sucrées (exemple: millet) et grasses (exemple: tournesol), et rationner pour éviter que l'oiseau ne mange trop. Par exemple, on peut donner de l'alpiste uniquement ("pur") dans un premier temps, le temps de mettre au point un mélange plus adapté. S'il est dans une cage en groupe, il vaut mieux l'isoler pour rationner plus facilement. Si possible, le pousser à faire plus d'exercice: le mettre dans une cage plus grande, le laisser voler à l'extérieur, jouer avec, etc. Comme pour toute maladie digestive, on veillera à ce qu'il ne développe pas de déficience, en complémentant en choline, vitamines et acides aminés, avec en particulier la méthionine, si nécessaire (bréchet saillant) dans le bec une goutte matin et soir pour s'assurer de la bonne prise. En particulier, la vitamine E peut aider à réparer le foie (comme la Choline), ces deux compléments sont conseillés en priorité pour le foie gras. Attention à ce que les vitamines ne contiennent pas de métaux, le foie étant fragile, les métaux pourraient empirer avec du saturnisme aviaire. On peut aussi donner du vinaigre de cidre pour acidifier et des probiotiques (car la flore intestinale a aussi un lien avec le foie gras). Puisque ce ne sont pas des médicaments, on conseillera la même chose en préventif: adapter la composition de la nourriture en prenant en compte si l'oiseau fait beaucoup d'exercice ou pas, rationner si l'oiseau semble boulimique, et on peut utiliser la choline et le vinaigre de cidre en préventif. D'ailleurs, pour la choline, les recherches montrent que ceux qui ont un foie gras ont une déficience de choline, donc en préventif cela peut aider. Supplémenter en calcium (os de seiche, argile, coquilles d'oeuf séchées au four, calcivit) peut être utile car le foie gras décalcifie les os. Il faut aussi éviter si possible les antibiotiques hépatotoxiques (c'est-à-dire quasiment tous...).

Au niveau de l'alimentation, il est à noter que les canaris ont dans la nature un régime préférentiel mais pas spécialisé aux graines: ils préfèrent les graines car ça rapporte très vite beaucoup de graisses et d'acides aminés, mais ils mangent à peu près de tout, ils ont une alimentation dite opportuniste (comme tous les oiseaux de la famille des Carduelinaes, englobant les Serins, englobant les Canaris). Leurs besoins changent en fonction de l'environnement (de ce qui est disponible) et des saisons. Pour citer la thèse du Dr Cécile Loizon: "L’erreur consisterait à offrir un seul type d’aliment, forcément carencé". Mais bien que les adultes aient des besoins variables et opportunistes, ils peuvent nourrir les oisillons jusqu'à l'âge adulte avec uniquement des graines, d'où la classification de spécialisation granivore: c'est une spécificité des Serins. Pourquoi? Car les canaris (et Serins) digèrent super bien les graines, et pas forcément les autres aliments: les autres aliment sont dit "malabsorbés", c'est-à-dire qu'une certaine partie est rejetée sans être traitée (comme les intolérants au lactose par exemple). Il est possible d'utiliser cela à son avantage pour un oiseau avec un foie gras: en donnant par exemple des fruits et légumes, ceux-ci ne seront digérés qu'à 41%, et le reste, soit 59%, sera rejeté tel quel (dont beaucoup d'eau)! C'est ce qui explique pourquoi les oiseaux mangeant des fruits ou légumes ont des fientes plus liquides et colorées, c'est car la majorité de l'aliment n'est pas traité mais rejeté tel quel, et ce n'est absolument pas grave! Les fruits et légumes peuvent donc être utilisées pour rationner l'alimentation des canaris sans pour autant diminuer la quantité qu'ils mangent. Par comparaison, leur digestion d'autres aliments est en général de 75% et des plantes à 36.9%.

ATTENTION: le foie gras est autant une maladie qu'un symptôme! En effet, il est primordial de trouver la cause de ce foie gras, qui peut être dû à une alimentation trop riche en sucres et avec trop peu d'exercice physique, ce qui est aisément corrigible de la façon décrite ci-dessus, qu'à d'autres troubles qui provoquent une accumulation de sucres, même avec une alimentation correcte! Citons par exemple le goitre, plus courant chez les perruches et perroquets, qui est causé par une carence d'iode, provoquant alors divers symptômes dont le gonflement de la glande hypophysaire provoquant un blocage de la trachée et un gonflement du jabot avec de l'air et des troubles respiratoires dont des sifflements à l'inhalation, un foie gras, une augmentation de gras sous-cutanés (lipomes), et de fréquents mouvement de la tête pour régurgiter ou avaler. Le traitement curatif est alors simple, et consiste en l'administration d'un supplément d'iode (ex: lugol) avec amélioration de la santé en 24 à 48h (sinon la mort arrive dans les 2 semaines). Pour plus d'informations, vous pouvez consulter cet excellent article sur le goitre par le Centre Aviaire Johanne Vaillancourt.

Les intoxications alimentaires peuvent également donner toutes les indications d'une atteinte hépatique (c'est-à-dire au foie, comme le foie gras), mais sans que le cas ne colle aux critères d'un foie gras (exemple: oiseau trop jeune alors que le foie gras arrive généralement au bout de 5 ans minimum, alimentation équilibrée, suffisamment d'exercice, etc). Dans ce cas, vous pouvez consulter cet excellent article sur les différentes mesures à adopter, il faut agir vite!

Il y a aussi une possibilité d'intoxication médicamenteuse, surtout pour les médicaments dont l'hépatotoxicité est avérée (voir l'excellente base de données LiverTox), ce qui est reconnaissable si l'oiseau régurgite le médicament voire de la nourriture après administration du médicament. Dans ce cas, pour la plupart des médicaments, l'arrêt du dit médicament produit aussi l'arrêt des effets hépatotoxiques. En général, il ne faut pas donner d'antibiotique ou de médicament potentiellement hépatotoxique plus de 2 semaines sauf indication contraire du vétérinaire, car les effets hépatotoxiques apparaissent en général au bout de plusieurs semaines de traitement (fenêtre de temps variable selon le médicament, voir LiverTox), même s'il arrive que certains oiseaux (en particulier ceux souffrant ou ayant souffert d'un foie gras dans le passé et donc plus sensibles aux médicaments hépatotoxiques) fassent une réaction comme de la régurgitation dès la première prise, auquel cas il faut alors discuter avec le vétérinaire pour trouver un autre médicament de substitution.

Un dernier mot
Les maladies digestives sont des maladies sournoises: leurs causes mettent beaucoup de temps avant de créer des problèmes visibles, et lorsque les problèmes se déclarent (surtout le bréchet saillant), il est très difficile de guérir (mais pas impossible). Ce sont donc des véritables bombes à retardement, pour lesquelles il faut rester vigilant. Puisque ces maladies mettent du temps à se déclarer, on en verra le signe chez des oiseaux plus agés, même si elles peuvent être attrapées à n'importe quel âge.

C'est pour cette raison que l'auteur a choisi d'écrire cet article: sans connaitre ces maladies, il peut sembler qu'il y ait un mur invisible, magique à la longévité des oiseaux - passé un certain âge les oiseaux seraient condamnés à mourir. Mais ce n'est pas le cas, ces maladies digestives y sont pour beaucoup. Cet article est le résultat d'un cheminement sur plus d'une année d'études et de réflexions.

La meilleure façon de détecter ces maladies digestives est de regarder le comportement des oiseaux et leurs fientes. Quand un bréchet saillant apparait, il faut réagir vite, et surtout les réhydrater et les réalimenter avec une nourriture ultra digestive. Avec le temps gagné, il faut alors essayer de trouver la cause (analyse des fientes, analyse ADN PCR, etc) pour savoir comment la guérir.

Une chose intéressante à retenir est que les traitements médicamenteux en préventif (par exemple: blanchir avant chaque période de reproduction avec des antibios) sont néfastes, car cela prépare le terrain, voire déclenche, des maladies digestives, et en plus peut créer des résistances aux antibiotiques qui seront alors inefficaces. C'est un problème général que l'Agence Européenne du Médicament (EMA) reconnait, et c'est pourquoi elle déconseille fortement l'usage d'antibiotiques en prophylaxie ("blanchissage").

Cet article décrit les principales causes de maladie digestive, mais ce ne sont pas les seules (par exemple il y a le satunirsme aviaire, qui est quand l'oiseau avale du métal qui l'empoisonne, très courant chez les animaux sauvages ou de ferme) et il y a d'autres maladies comme les maladies respiratoires, neurologiques, etc. Pour approfondir, je conseille vivement la thèse du Dr Cécile Loizon, une référence en la matière, qui parle très précisément non seulement des maladies mais aussi de l'alimentation et de l'entretien des canaris: http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1137 et je conseille l'étude de Goosens pour spécifiquement la levure gastrique aviaire (ou proventriculite ou mégabactériose), c'est de 2015 (récent!) et extrêmement pointu, il y a toutes les infos: http://oatao.univ-toulouse.fr/14597/1/Goossens_14597.pdf et pour le bornavirus aviaire, voir l'étude de Gottis: http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2015lyon019.pdf .

Enfin, il est toujours préférable d'avoir l'avis d'un vétérinaire aviaire. N'hésitez pas également à consulter plusieurs vétérinaires différents pour avoir un 2e avis, cela peut sauver votre oiseau! (Voir ici et ici - si votre vétérinaire n'arrive pas à confirmer la maladie mais ne fait que des suppositions, consultez ailleurs!). En général, lorsqu'un oiseau tombe malade, vous avez une fenêtre de 10 jours à 2 semaines pour le soigner sous peine de le perdre, aussi n'hésitez pas à consulter plusieurs spécialistes durant cette période.

Je vous souhaite à tous une excellente santé et longévité pour vous et vos oiseaux! :-D
LRQ3000
Publié le 2018-11-08 sur apdcanari.com et le 2019-06-29 sur perruche.org
Dernière mise à jour: 2019-06-29

Références
* Contribution à l'étude du canari en tant qu'animal de compagnie, Cécile Loizon, thèse de doctorat, 2009. http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=1137
* Goossens, Camila. Le point sur macrorhabdus ornithogaster, agent étiologique de la mégabactériose aviaire. Thèse d'exercice, Médecine vétérinaire, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse - ENVT, 2015, 115 p. http://oatao.univ-toulouse.fr/14597/1/Goossens_14597.pdf
* Gottis, A. (2015). Un bornavirus à l'origine de la maladie de dilatation du proventricule chez les oiseaux (Doctoral dissertation). http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2015lyon019.pdf
* Pet Size-O-Meter Bird, Pet Food Manufacturers' Association (PFMA). https://www.pfma.org.uk/_assets/docs/pet-size-o-meter/pet-size-o-meter-birds.pdf
* La Proventriculite ou PDD (Proventriculus Dilatation Disease), Dr J-F Quinton, février 2011. https://www.asap-perroquet.fr/sant%C3%A9/les-virus-1/proventriculite/
* Werther, K., Schocken-Iturrino, R. P., Verona, C. E. S., & Barros, L. S. S. (2000). Megabacteriosis occurrence in budgerigars, canaries and lovebirds in Ribeirao Preto region-Sao Paulo state-Brazil. Revista Brasileira de Ciência Avícola, 2(2), 183-187. http://dx.doi.org/10.1590/S1516-635X2000000200008
* http://club-ornithologique-sud-est.e-monsite.com/pages/la-proventriculite.html
* https://en.wikipedia.org/wiki/Non-alcoholic_fatty_liver_disease
* Chalasani, Naga; Younossi, Zobair; Lavine, Joel E.; Charlton, Michael; Cusi, Kenneth; Rinella, Mary; Harrison, Stephen A.; Brunt, Elizabeth M.; Sanyal, Arun J. (January 2018). "The diagnosis and management of nonalcoholic fatty liver disease: Practice guidance from the American Association for the Study of Liver Diseases". Hepatology. 67 (1): 328–357. doi:10.1002/hep.29367. PMID 28714183.
* http://www.ornithologies.fr/blog/lesoiseauxdumonde/la-trichomonose-du-canari/
* http://www.ornithologies.fr/html/revue/pdf/articles/1503-trichomonose.pdf
* http://www.doctissimo.fr/animaux/oiseaux/maladies-des-oiseaux/parasites
* https://en.wikipedia.org/wiki/Macrorhabdus_ornithogaster
* Tomaszewski, Elizabeth; Snowden, K; Phalen, D (2001). "The Whipple paradox: megabacteria exposed as fungi". 2001 Annual Conference of the Association of Avian Veterinarians.
* "Avian Gastric Yeast" (PDF). Department of the Environment and Energy, Government of Australia. Retrieved 6 January 2017.
* Sandrine, G. D. (2004). CARNET DE CLINIQUE SUR LES PSITTACIDÉS (Doctoral dissertation, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort). http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=588
* Castro, G., Stoyan, N., & Myers, J. P. (1989). Assimilation efficiency in birds: a function of taxon or food type?. Comparative Biochemistry and Physiology Part A: Physiology, 92(3), 271-278.
* Valera, F., Wagner, R. H., Romero-Pujante, M., Gutiérrez, J. E., & Rey, P. J. (2005). Dietary specialization on high protein seeds by adult and nestling serins. The Condor, 107(1), 29-40.
* «Pour mieux soigner : des médicaments à écarter - actualisation 2016», Revue Prescrire.org, http://www.prescrire.org/fr/3/31/51737/0/newsdetails.aspx
* «Pour mieux soigner : des médicaments à écarter - actualisation 2018», Revue Prescrire.org, www.prescrire.org/Fr/4C7ED93EF1DE95CC6A5D9A1B460771AD/Download.aspx
* «L'Agence européenne du médicament (EMA) a diffusé sa position finale sur les macrolides, les lincosamides et les streptogramines.», sauvonsnosantibiotiques.org, 09/01/12

Autres infos
* Tutoriel graines cuites, peut faciliter la digestion: http://www.apdcanari.com/forum/showthread.php?t=27754&highlight=GRAINES+CUITES
* Graines germées sont riches en vitamines et acides aminés, c'est le plus digestible mais cela peut être contaminé par bactérie et champignons/levure, attention à le faire bien et propre: https://www.perruche-perroquet.com/perruches-et-perroquets/l-alimentation-des-perroquets/les-graines-germ%C3%A9es-germinations-pour-nos-perroquets/
* L'eau de riz au lieu de l'eau comme boisson peut aider à la digestion.
* La spiruline pourrait diminuer la résistance à l'insuline (pas confirmé par les recherches pour le moment).
* Une discussion détaillée sur l'alimentation des Canaris avec références bibliographiques: http://www.apdcanari.com/forum/showthread.php?p=674361#post674361
* Pleins de très bons tutoriels (pour les perruches ondulées, mais ça marche aussi pour les canaris) par Martine de perruche.org: http://www.perruche.org/st/Martine
* Les articles santé du Centre Aviaire Johanne Vaillancourt: https://www.perroquet-perroquets.com/menu-sante.php
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sylvie63118
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MessageSujet: Re: Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant?   Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant? EmptyDim 7 Juil 2019 - 17:29

merci pour ce grand texte, un véto aviare est-il bon pour les petits oiseaux, car dans mon département il n'y a pas de véto pour les petits oiseaux comme canari, péruche et autres
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lrq3000
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MessageSujet: Re: Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant?   Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant? EmptyLun 8 Juil 2019 - 23:50

sylvie63118 a écrit:
merci pour ce grand texte, un véto aviare est-il bon pour les petits oiseaux, car dans mon département il n'y a pas de véto pour les petits oiseaux comme canari, péruche et autres

Bonjour Sylvie, un véto aviaire sera toujours plus versé dans la médecine aviaire qu'un véto non-aviaire (par exemple les vétos NAC qui ne font pas beaucoup d'oiseaux). Il n'existe pas de véto pour les petits oiseaux, il n'existe que soit les véto NAC, qui font aussi les rongueurs/lapins et reptiles/serpents, ou les vétos aviaires qui sont spécialisés dans les oiseaux, mais en général pour les oiseaux de ferme. Le mieux est encore de contacter ce véto et de lui demander s'il a déjà pu travailler avec des petits oiseaux comme ceux que vous avez. Les traitements devraient être les mêmes que pour tous les autres oiseaux, car l'anatomie est plus ou moins la même, mais c'est certain que les petits oiseaux demandent plus de précautions (par exemple l'anesthésie est bien plus risquée ce qui rend difficile les radios, la perte de sang est critique donc toute prise sanguine est risquée, etc.).
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Katiastrof
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MessageSujet: Re: Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant?   Maladies digestives: Que faire en cas de bréchet saillant? EmptyJeu 11 Juil 2019 - 12:03

Malheureusement, pas d'autre choix que de faire des kilomètres parfois pour aller en voir un ...
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